Conseils pratiques pour protéger jardins et cultures
Le sanglier est très présent en Europe centrale et occidentale, notamment dans les forêts de feuillus et les forêts mixtes où il trouve abri, eau et nourriture. Le sanglier est en quelque sorte le jardinier sauvage des forêts. En cherchant sa nourriture, il laboure la terre et favorise ainsi l'aération et la perméabilisation des sols des forêts. Sa population mal régulée a conduit à une situation tendue avec nos activités humaines à la lisière des forêts, près des champs et des zones agricoles. Les cultures de maïs, de tournesol ou les vergers représentent pour lui une source de nourriture particulièrement attractive.
En France, la population de sangliers a fortement augmenté ces dernières décennies, ce qui explique la multiplication des dégâts agricoles. Dans certaines régions, ils retournent les prairies, détruisent les semis ou s’attaquent aux potagers des habitations situées près des bois.
Même si le sanglier est une espèce très adaptable, il n’apprécie pas du tout certaines choses. Comprendre ces éléments peut aider à mettre en place des méthodes naturelles de dissuasion, même sans recourir immédiatement à des solutions technologiques. La solution est la combinaison de plusieurs méthodes d'effarouchement pour une raison simple. Comme beaucoup d'animaux sauvages, le sanglier n'aime pas du tout l'imprévu.
Les odeurs que les sangliers évitent
Les odeurs que les sangliers évitent
L’odorat est le sens le plus développé chez le sanglier. De nombreuses méthodes de dissuasion reposent donc sur des odeurs fortes ou inhabituelles. Parmi celles qu’ils évitent le plus souvent :
L’odeur humaine fraîche : les objets manipulés récemment par un humain ou les cheveux suscitent souvent la méfiance.
Les poils ou l’urine de chien : ils peuvent être interprétés comme la présence d’un prédateur.
L’ammoniaque : son odeur très forte est irritante et utilisée dans certains répulsifs.
La naphtaline : son odeur piquante est également dissuasive mais son utilisation est interdite en France.
L’extrait d’ail concentré ou le camphre, souvent utilisé dans les répulsifs naturels.
Les répulsifs olfactifs perdent leur efficacité après quelques jours ou après un épisode pluvieux. Il est conseillé de les renouveler souvent et d'utiliser plusieurs odeurs différentes pour limiter les visites nocturnes des sangliers.
Les plantes qu’ils n’apprécient pas
Les plantes qu’ils n’apprécient pas
Le sanglier est un véritable omnivore, mais il ne retourne pas toutes les plantes avec le même enthousiasme. Son alimentation est particulièrement variée. Il s’attaque avec plaisir à tout ce qui est sucré. Les pommes de terre, les carottes, les betteraves sont des mets de choix pour eux, et ils peuvent les déterrer sans mal. Les cultures de maïs sont très appréciées dès le semi.
Les plantes qui dégagent des odeurs fortes ou ont un goût amer peuvent dissuader le sanglier. Par exemple :
la lavande, riche en huiles essentielles
le romarin, au parfum intense
la rue officinale, plante très odorante
le piment ou la capsaïcine, particulièrement en extrait
la poudre de moutarde, irritante pour les muqueuses
Planter ces espèces autour d’un jardin ou d’un potager peut parfois constituer une barrière olfactive naturelle.
Les sons qui les dérangent
Les sons qui les dérangent
Les sangliers tolèrent mal les bruits soudains ou inhabituels. Des dispositifs sonores ou lumineux peuvent surprendre l'animal et le faire fuir. Il est conseillé de varier l'emplacement des effaroucheurs sonores pour éviter que le sanglier ne s'y habitue. Par exemple :
les détonations ou pétards
les bruits métalliques (chaînes, ferraille)
certains dispositifs ultrasoniques
le claquement d’une clôture électrique
Cependant, il faut garder à l’esprit que les animaux peuvent s’habituer à un bruit répétitif. C’est pourquoi les systèmes de dissuasion les plus efficaces utilisent généralement des sons variables et irréguliers.
Les animaux et les situations qu’ils évitent
Les animaux et les situations qu’ils évitent
Le sanglier évite également certains dangers naturels :
les loups, qui sont ses prédateurs naturels
les grands chiens actifs, surtout s’ils patrouillent régulièrement
la présence humaine fréquente, en particulier pendant la journée
Les facteurs environnementaux jouent aussi un rôle :
les zones totalement ouvertes, sans couvert végétal
les sols très secs ou très durs, difficiles à fouiller
les fortes chaleurs, qui les poussent à rester à l’ombre
Parcelles près de la forêt : un défi particulier
Parcelles près de la forêt : un défi particulier
Les parcelles situées en lisière de forêt présentent un inconvénient majeur : la proximité avec la faune sauvage.
Pour les animaux, la forêt fonctionne comme une véritable "ville" naturelle, avec ses chemins réguliers appelés coulées ou sentiers de gibier. Ces itinéraires peuvent traverser un jardin ou un champ sans que les propriétaires en aient conscience.
Lorsqu’un sanglier trouve une source de nourriture facile, il a tendance à y revenir régulièrement.
Les signes typiques d’une visite nocturne sont souvent découverts le matin :
pelouse retournée
potager ravagé
jeunes arbres fruitiers abîmés
plantes décoratives détruites
poubelles renversées
Quelle stratégie adopter face aux sangliers ?
La meilleure protection contre les sangliers et le grand gibier en général consiste à combiner plusieurs méthodes de prévention :
identifier les points d’entrée des sangliers sur la parcelle et adapter la protection
installer des obstacles physiques ou électriques quand cela est enviseagable
utiliser des dispositifs sonores
entretenir les abords de la parcelle et éviter les déchets organiques à proximité de la zone à protéger (placer le composteur à distance, ramasser les fruits tombés, etc.)
entourer la zone avec des répulsifs à odeurs fortes et dissuasives. Les varier dans le temps.
En comprenant mieux le comportement des sangliers et ce qu’ils évitent naturellement, il devient possible de réduire considérablement les dégâts dans les jardins, les vergers et les cultures. Les méthodes préventives sont efficaces s'ils sont installés avant que les animaux prennent l'habitude de la parcelle.
